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Recueil de haïbuns et haïkus, de Isa Lamant (avec traduction en anglais de Kim Delauney) Publishroom Factory

Le mot japonais Karumi signifie littéralement « légèreté » ou « légèreté d’esprit », c’est un concept esthétique et poétique important dans la culture japonaise, notamment dans la pratique du haïku.
Karumi ne fuit pas la profondeur. C’est un léger pas de côté pour mieux voir l’essence et la fragilité d’un moment.
(note de l’auteure)
pensées vagabondes –
une plume de moineau
bercée par le vent
souvenir d’enfance –
gommé par le temps
le marchand de couleur
son clapotis chuchote
d’anciens secrets
vent de liberté –
quelques plants de colza
échappés du champs
Elle ne marche pas, elle flâne.
Le chemin n’est plus un sentier mais une page qui semble être
coloriée juste pour elle.
Chaque fleur est une fée qui raconte une histoire
ou une danseuse qui se balance au vent léger.
Elle parle toute seule.
Elle dialogue avec la beauté.
Elle admire les pâquerettes en tutus
Le parfum des violettes lui rappelant sa grand-mère.
Pour elle une feuille tombée et craquelée est une fée centenaire.
...
flânerie d’enfant –
elle sème des mots
en cueillant des fleurs
J’ai quitté le sentier balisé pour m’enfoncer dans la forêt sans chemin.
« S’enforêster », voilà un bien joli mot.
Quitter les bruits du monde pour se laisser enlacer par les arbres
et herbes hautes,
les grandes fougères légèrement roussies.
Se laisser pénétrer par ses odeurs d’humus
qui nous ramènent au cri primordial.
Les racines, telles des veines, me rappellent que je marche sur le vivant
… bien plus ancien que moi
et mon cœur bas plus fort.
Je respire la force du pétrichor.
Le gros arbre
je l’enlace.
Mon corps contre l’écorce rugueuse.
Lui aussi a un cœur semble-t-il.
Quel apaisement.
Juste la force tranquille de la vie.
...
Forêt profonde –
sur ma peau s’attarde
l’odeur du chêne
Marée basse.
Les enfants ont déserté depuis longtemps, emportant avec leur rêves,
leurs seaux et leurs petites pelles colorées.
Ne restent que des fragments de coquillages,
des empreintes floues
et cette vaste étendue nue comme un cahier
dont on a gommé les pages.
(extrait)
...
marée basse –
plus aucun petit château
pour défier l’hiver